Ce Cher Ami Qui Sauva Un Bataillon Perdu

Des chevaliers juchés sur des chevaux de bataille aux dauphins dressés pour repérer les mines sous-marines, l’histoire de la guerre se mêle à celle des animaux pour laquelle ils ont été domestiqués. Certains reçoivent même des décorations et des hommages pour leurs glorieux exploits.

« Cher Ami », un pigeon voyageur utilisé parmi toute une flotte pour envoyer des messages sur des distances parfois étendues, est l’un d’eux. C’est justement le genre d’ami que l’on voudrait garder à ses côtés à tout moment, comme l’histoire l’a prouvé.

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L’utilisation de pigeons en temps de guerre a été longtemps répandue : de nos jours, la technique bat plutôt de l’aile. (Source: BBC)

Octobre 1918. Au cœur de la Forêt d’Argonne, au nord-est de l’Hexagone, le major américain Charles White Whittlesey mène 554 hommes dans une offensive cruciale où se joue en partie l’issue de la Première Guerre Mondiale. Cependant, lui et ses troupes se retrouvent vite débordés par la contre-attaque ennemie, et pour couronner le tout, ils doivent essuyer le feu de leur propre artillerie, mal dirigée.

Souffrant de nombreuses pertes, la compagnie décide de s’installer et de sécuriser ses positions, mais l’horizon ne semble pas s’éclaircir pour les hommes coincés au pied d’une colline : les stocks de nourriture, comme de munitions, s’épuisent rapidement. Leur dernière chance d’être secourus repose sur des renforts immédiats – espoir placé entre les pattes des pigeons voyageurs embarqués.

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L’Argonne, sous le feu des bombardements de la Première Guerre, porte encore aujourd’hui les cicatrices des combats. (Source: Bundesarchiv via Wikipedia)

Un premier est envoyé vers le ciel. Abattu d’une balle ennemie. Un second subit le même sort.

Le troisième et dernier oiseau, baptisé Cher Ami, est sur le point de décoller alors qu’on attache à sa patte le message suivant : « NOUS SOMMES LE LONG DU PARALLÈLE 276.4. NOTRE ARTILLERIE FAIT BARRAGE DIRECTEMENT SUR NOUS. POUR L’AMOUR DU CIEL ARRÊTEZ CELA. » Le pigeon prend alors son envol, et commence son ascension risquée – soudain, une balle le touche. L’animal bat de l’aile mais poursuit sur sa lancée. Il portera le message aux quartiers généraux quelques 40 kilomètres plus loin en moins d’une demi-heure, du sang gouttant de ses nombreuses blessures.

Quelques jours après le début de l’assaut, 194 hommes purent ainsi s’extraire sains et saufs de la forêt meurtrière. Le major Whittlesey fut décoré, comme certains autres membres du « Bataillon Perdu » (Lost Battalion)… ainsi qu’un convalescent Cher Ami.

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Le message rapporté par Cher Ami. (Source: National Archives Catalog)

 


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