La Dernière Bataille d’El Cid

Rodrigo Díaz de Vivar était un chef militaire castillan qui vécut au onzième siècle de notre ère. Il grandit à la cour du roi Ferdinand 1er, et lorsque ce dernier mourut, Rodrigo fut nommé commandant des armées par Sancho II, fils aîné de Ferdinand, qui hérita des rênes de la Castille. (Le reste du royaume ayant été, selon les dernières volontés du monarque défunt, réparti entre ses deux autres fils.)

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Statue de Rodrigo érigée à Burgos, en Espagne. (Source: HistoriaEspana)

Plus tard connu sous le nom de « El Cid » ou « El Campadeor », Rodrigo gagna peu à peu l’admiration de ses pairs de par sa maîtrise de l’art de faire la guerre. Pionnier des tactiques militaires modernes, fin stratège, il élaborait des plans détaillés avant d’ordonner l’assaut, « dessinant des cartes sur des morceaux de parchemin, illustrant de différentes couleurs les déploiements et manœuvres des troupes, de la cavalerie à cheval, des corps méharistes [soldats à dos de chameau], des archers, des combattants au sol… », comme le décrit l’écrivain José Luis Olaizola.

Les trois frères qui avaient hérité du royaume paternel, à savoir Sancho, Alfonso et García, ne tardèrent pas à convoiter leurs territoires respectifs, faisant équipe et se trahissant dans la foulée. Durant cette guerre tactique, Toro, la ville dirigée par leur propre sœur Elvira, tomba. Sancho, qui semblait prendre l’ascendant dans le conflit fraternel, fut finalement assassiné en 1072, et son meurtrier parvint à s’échapper malgré El Cid lancé gaillardement à ses trousses.

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Charlton Heston incarne El Cid dans le film d’Anthony Mann, 1961. (Source: Cinemagraphe.com)

Alfonso accéda alors au trône et fit emprisonner son jeune frère García pour la maîtrise du royaume dans son ensemble. Ce qui n’était pas pour réjouir El Cid : il fut exilé en 1081, après quelques années de service où il ne gagna jamais la confiance du nouveau souverain. Mais Rodrigo n’y voyait pas la fin de sa carrière : au contraire, il servit plusieurs chefs Maures qui firent bon usage de ses méthodes militaires révolutionnaires. (Dans son attitude à changer de camp quand le vent tourne, El Cid peut être également considéré comme un pionnier de la politique moderne.)

Vers la fin du onzième siècle, le tacticien réputé était à la tête d’une armée composée à la fois de Maures et de chevaliers chrétiens. Son plan final était la conquête du royaume de Valence, couronné de succès dès 1094 ; il y vécut cinq ans avant qu’une dynastie berbère ne vienne assiéger la cité.

Du fait des privations que la situation imposait aux assiégés, l’état de santé d’El Cid se détériora. Le Seigneur de Valence, sur son lit de mort, convoqua ses fidèles à son côté pour les instruire de ses dernières volontés.

Après sa mort en 1099, conformément à sa requête, le corps du prince castillan fut habillé de son armure de combat et sellé sur sa monture. La légende retient en effet la dernière charge d’El Cid comme une ultime tentative de briser les forces ennemies… post-mortem. Lorsqu’ils virent apparaître le chevalier (dont la mort avait été confirmée) à la pointe d’une cavalerie furieuse, on dit que les assiégeants, épouvantés, fuirent en grand nombre.

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Dessin signé Angus McBride reconstituant l’événement. (Source: teutonic.altervista)

Le prince est mort, longue vie au prince.

 


Sources:

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