L’Horloge de la Fin du Monde

We’re leaving together, but still it’s farewell,

And maybe we’ll come back, to Earth, who can tell?

Ceux qui trouvent de l’intérêt dans la mouvance « glam rock » ou plus généralement dans les blousons de cuir auront reconnu le titre interstellaire d’Europe, « The Final Countdown ». Et bien que ce single ne soit sorti qu’en 1986, il fit écho à une ambition plus ancienne.

En 1945, des anciens scientifiques du Projet Manhattan, bureau militaire qui supervisait la recherche nucléaire durant la Seconde Guerre Mondiale, fondèrent le Bulletin des Scientifiques Atomiques. En effet, l’époque est marquée par la prolifération d’armes nucléaires, et l’objectif affiché du journal est d’informer le public sur les tensions de l’âge atomique et ses conséquences potentielles sur notre vie quotidienne.

Le début de la Guerre Froide est caractérisé par la « destruction mutuelle assurée », c’est-à-dire que les blocs américain et soviétique rassemblent un tel arsenal nucléaire que chacune des parties est assurée d’être anéantie en cas de guerre. Probablement entraînant dans sa chute le monde tout entier.

Ainsi, en 1947, le Bulletin mit sur pied « l’Horloge de la Fin du Monde ». Ce dispositif avant tout symbolique visait à représenter la probabilité que l’humanité mette fin à sa propre existence : plus l’aiguille approche de minuit, plus notre fin est proche. Comme l’expliqua Kennette Benedict, anciennement Directrice Exécutive du Bulletin, « il s’agit d’une métaphore, un rappel des périls auxquels nous devons répondre si nous souhaitons survivre sur cette planète. »

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Les scientifiques du Bulletin présentent l’horloge. Crédit photo: L.A. Marzulli (Source: Konbini.com)

Quand l’horloge fut mise en service pour la première fois, en 1947, elle indiquait minuit moins sept. Alors il était temps pour l’humanité de remonter le temps sans DeLorean.

Depuis, l’heure a été mise à jour vingt-et-une fois, au gré des évènements favorables et des perturbations qui caractérisaient le contexte de l’époque. L’année où nous nous sommes approchés le plus près de notre trépas fut 1953 (minuit moins deux) alors que la recherche atomique prenait de plus en plus d’ampleur et que tous les voyants de détresse étaient allumés ; celle où l’humanité en fut la plus éloignée fut atteinte en 1991 (minuit moins dix-sept) lorsque la Guerre Froide se conclut sur la signature de traités visant la dénucléarisation à grande échelle.

En 2016, l’horloge indique minuit moins trois, dans un contexte de changement climatique et d’agrandissement quotidien des arsenaux chimiques. Et elle tourne ! Tic, tac…

 


Sources:

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