Spartacus : la Révolte des Esclaves

Le prénom Spartacus a été brièvement à la mode pour les nouveaux-nés de 2013… L’occasion, même si l’on n’est pas un grand fan du prénom, de s’intéresser un peu à ses origines.

Spartacus était un Thrace qui naquit autour de 111 av. J.-C., originaire des tribus indo-européennes qui peuplaient l’Europe du Sud-Est alors quasiment sous domination romaine. Peu d’informations ont survécu jusqu’à nous en ce qui concerne son enfance, mais on sait néanmoins qu’il eut assez à manger pour grandir et se renforcer… Jusqu’à son enrôlement dans l’armée romaine, ou, selon les versions, le début de sa fâcheuse tendance à gagner son pain en détroussant les patrouilles de Rome.

Dans les deux cas, il finit par être capturé par les Romains (pour désertion dans la première hypothèse, plus répandue) puis vendu comme esclave au propriétaire d’une école de gladiateurs près de Capoue (Italie du Sud). En son sein, il est entraîné au maniement du gladius (glaive) et du scutum (bouclier) qui constituent aussi l’équipement de base des légionnaires romains.

Mais l’esclave-gladiateur n’a pas l’intention de s’éterniser. En 73 av. J.-C., il s’échappe en compagnie de 70 autres esclaves, armés d’ustensiles de cuisine. Bientôt la petite bande renforce ses défenses en saisissant une cargaison d’armes et d’armures destinée aux soldats de Rome, ainsi qu’en recrutant d’autres esclaves en fuite pour grossir ses rangs.

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L’histoire de Spartacus est aujourd’hui encore glorifiée par de nombreux artistes. (Credit: zhuzhu via DeviantArt)

L’armée auto-affranchie s’installe alors au sommet du Vésuve, où elle est rejointe par de nombreux villageois. Toute opposition romaine est écrasée sans effort. Menée par Spartacus, la révolte des esclaves gagne de plus en plus d’ampleur, nourrie par des recrues quotidiennes et du matériel qui arrive régulièrement au camp grâce à des escarmouches régulières sur les positions romaines. Bien entendu, l’armée irrégulière de Spartacus n’est pas considérée comme une menace sérieuse du côté de l’Empire. Cela viendra bien assez tôt.

En 72 av. J.-C., l’armée rebelle compte entre 40 000 et 70 000 hommes. Alors qu’elle est en passe de franchir les Alpes pour se rendre en territoire libre, loin des lances de l’armée romaine, elle fait demi-tour, dans ce qui reste un mystère historique. Selon Barry Strauss, l’auteur de La Guerre de Spartacus (2009), cela est peut-être dû au « succès qui leur serait monté à la tête et éveillé des visions de Rome en flammes. »

Mais depuis la capitale intacte, l’Empire contre-attaque. Un nouveau commandant est envoyé à la tête des légions romaines : Marcus Crassus. Gagnant sa réputation de la discipline extrême qu’il instaure dans ses rangs (notamment du fait de pratiques motivantes comme la décimation de ses propres troupes), il s’engage dans sa dernière bataille contre Spartacus en 71 av. J.-C., depuis les berges du Fleuve Siler.

Quelques instants avant le dénouement final, le meneur de la révolte des esclaves descend de son cheval, et abat la bête du fil de son glaive. Il déclare à ses hommes : « Si je remporte cette bataille, j’aurais autant de chevaux que j’en désire. Mais si je n’en sortais pas victorieux, je n’en verrai alors pas l’utilité. »

Cependant, son armée, déjà amputée par la fuite précipitée de plusieurs de ses garnisons, se meurt sur le champ de bataille. Spartacus mourut parmi ses soldats, et ne fut jamais identifié, du fait qu’il portait une armure ordinaire et ne se distinguait alors pas du reste de l’armée rebelle.

Quelques 6 000 insurgés seront crucifiés sur la Via Appia reliant Capoue à Rome, en guise d’avertissement.

Ce n’est sans doute pas la fin heureuse de l’histoire que l’on raconte au petit Spartacus avant qu’il aille se coucher… N’est-ce-pas ?

 


Sources:

 

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